Elle se dresse. Majestueuse, imposante et sereine. Elle m’intimide. Et je la suis doucement des yeux. Au-delà des crêtes et des cimes, qui frisent, qui bandent et percent indécemment les cieux.
Des traînées de pierres dévalent. S’écoulent de ses flancs. Aussi évident qu’un coulis de fruits rouges sur un gâteau à la crème.
La musique lancinante, envoûtante, rafraîchissante de son torrent, que nous longeons à l’envie. Le charme opère à nos oreilles, submergeant jusqu’à nos rêves les plus fous. Comme l’eau s’infiltrant, cognant, sourdant, suintant… au cœur des pierres !
Des prairies, immenses, chamarrées de fleurs d’artifices, explosent de part et d’autre de notre parcours caillouteux.
Mes pas, au souffle court, s’agencent respectueusement, l’un après l’autre…
Je m’achemine, laborieusement, sans faille. Mais de plus en plus fébrilement, à chaque foulée qui me rapproche de cette étrange et céleste pyramide somptueuse.
Mes mains participent, aident à l’approche. Et s’accrochent. Et caressent sa roche sous le prétexte d’une passe triviale… ses pierriers fabuleux que nous enjambons à pas de géant font parfois trébucher, d’une manière espiègle, mes pieds malhabiles. Qui s’emballent ! Et qui, sous l’aiguille, tricotent dans l’air les nuages cotons qui filent… à l’allure d’une étoile ! Comme l’haleine de mon gosier assoiffé !
La tête et les yeux à l’envers, chaviré d’ivresse par son sommet. Mais le cœur fidélisé à jamais à l’Endroit.
Le silence transpercé de stridences aiguës, essaimées par ces mignons petits gardiens du temple : ils signalent, ils balisent, ils « marmottent » au fur et mesure de notre avancée, l’imminence de notre arrivée !
Mais elle conserve son mystère. Jusqu’au bout ! Comme une amante subtile, aux parfums éthérés ! Retardant l’échéance de nos ébats équivoques en se voilant, sporadiquement, dans des brumes sensuelles…
Excitant davantage notre convoitise avant que d’apparaître, nue, dans la plénitude de ses formes.
Puis son Lac, enfin ! Comme un diamant brut dans son écrin de verdure appétissant, dont se repaissent les troupeaux alentours…
Point d’orgue, en suspension, accrochés aux crêtes comme des funambules démiurges et au bord desquelles vous étreint pourtant dangereusement le vide. La mélodie de sonnailles tintinnabulantes participant à la joie des lieux et de l’instant.
Puis la vision sur ce grand frère qu’est Le Mont-Blanc, qui donne le La, qui domine, tout là-haut, en une blancheur immaculée. Et impose le respect, et sa Loi, parachevant notre parcours idyllique ainsi que cette journée ensoleillée… de juillet 2008.
Vince
Une journée de juillet… sur la montagne du Charvin (par Vince)
27 août 2008 par randovero












excellent !!!! bravo, c’est exactement ce que j’ai ressenti en juillet 2004